Archive for August, 2010
Futurs alternatifs
by Red on Aug.29, 2010, under Wandering
La conscience et la perception du temps qui passe a toujours été pour moi, si pas une obsession, une source constante de remise en question.
La conscience de la mort, d’abord. Aujourd’hui, j’essaie d’imaginer l’interrogation et l’inquiétude de mes parents, de ma grand-mère, devant cet enfant âgé d’à peine quelques années, et tentant de le réconforter, lorsqu’il fondait en larmes sans raison apparente, pour balbutier dans des sanglots longs cette explication inattendue et inexplicable: “je ne veux pas que tu meures”. En général, des paroles rassurantes pleuvaient aussitôt; ils avaient résolu le problème pour un certain temps.
La perception du temps qui passe, inexorablement. Avez-vous déjà essayé de “photographier” le moment présent? De vous dire: “voilà, c’est maintenant que je fais ce geste, c’est maintenant que je dis cette parole”. A peine avez-vous pris cette photographie qu’elle fait déjà partie du passé. Je me souviens parfaitement de la première “photographie mentale” que j’aie prise, elle doit remonter à environ 25 ans. Il devait être environ 7h20 du matin (mon réveil sonnait à 7h09), et j’allais enfiler une chemise à carreaux couleur bordeaux, avant de partir à l’école… primaire.
Le premier jour de mes vacances, moment de détente entre tous, commence toujours par cette curieuse réflexion, et cette curieuse photographie mentale. La chambre d’un hôtel ardennais, un restaurant lyonnais, ce bar de camping 2 étoiles en Corse, ce plateau de fruits dominicain… Voila, c’est maintenant, c’est aujourd’hui. Dans 2 ou 3 semaines, je me souviendrai de cet instant. A ce moment, mes vacances prendront fin.
Voilà, c’est maintenant. Voilà, c’est le passé.
Le temps qui m’échappe, impuissant que je suis à le maîtriser, et la conscience de cette avancée vers une fin inéluctable, m’ont toujours conditionné au questionnement et à l’insatisfaction. Comment réaliser ces choses dont je pourrai dire, à l’aube de ma mort: “je suis fier de moi, de cet héritage que je laisse”?.
Dans quelques temps, je serai âgé de 32 ans. Je serai encore jeune. Qu’aurai-je fait de cette vie? Si je devais mourir aujourd’hui, est-ce que je pourrais mourir en me disant: “je suis fier de moi”? Dans 1, 5 ou 10 ans, je relirai ce texte et je serai âgé de 33, 37, ou 42 ans. Je serai encore jeune. Qu’aurai-je fait de cette vie?
Naturellement, j’ignore quand je vais casser ma pipe, ce qui rend le problème d’autant plus urgent et oppressant.
Si l’on se connait depuis un certain temps, il est probable que je vous aie déjà posé cette question: si vous deviez faire “autre chose” que ce que vous faites aujourd’hui, n’importe quoi, que feriez-vous, où iriez-vous, qu’apprendriez-vous? Aujourd’hui, vous comprendrez peut-être un peu mieux pourquoi je vous l’ai posée, et aussi, pourquoi votre réponse n’a eu aucune importance, si ce n’est… la manière dont vous avez répondu.
Perdu
by Red on Aug.22, 2010, under Writings
do {
“En toi perdu
Je cherche, encore
Je te connais
Je t’explore
En toi perdu
Je fuis, encore
Je m’inquiète
M’évapore
Monde infâme, putride
Dédale hostile, citadelle
Tu me hantes, me harcèles
M’intrigues
Je t’habite
Je t’oublie
Que cachais-tu?
Je t’oublie
Encore.”
} while (?);
Les vertus de l’optimisme
by Red on Aug.16, 2010, under Schmoozing
Aujourd’hui, je me suis fait une curieuse réflexion.
Bon, je vous préviens, il faut que je remplisse mon blog, donc si vous vous attendez à du Pascal, passez votre chemin directement ça vaudra mieux pour tout le monde :)
Y a-t-il un lien entre le fait que je ne sois pas d’un naturel très optimiste et le fait qu’il m’arrive souvent des bourdes? Pas de manière trop exagérée, mais disons de manière un peu anormale?
Et de penser à mon papa, qui est dans son genre un peu le spécialiste de la guigne. Par exemple, les appareils électriques qu’il achetait tombaient systématiquement en panne. Peu importe qu’ils furent bon marchés ou hors de prix, il tombaient systématiquement en panne: télévisions, ordinateurs, amplis hi-fi, lecteurs de CD, etc. Des années durant, la malédiction s’acharnait. Problème électrique dites-vous? Que nenni! A l’approche d’un orage, tout était débranché longtemps à l’avance. Pas une diode ne frémissait pendant une éventuelle absence des occupants de la maison. Pas une sonnerie de téléphone ne venait troubler la sérénité des lieux.