Processus //

Elio ou Mireille?

by on Jul.17, 2010, under Schmoozing

Dirk Mignolet, psychanalyste réputé résidant dans la sombre contrée de Hannut, nous offre son analyse toute personnelle de la situation politico-historique belge. En attendant des nouvelles du front, qui n’arrivent pas, on se mettra ce qu’on peut sous la dent :)

“Le père, un ancien agriculteur entretenant d’influentes relations (mais pas toujours très nettes d’après certaines mauvaises langues), est devenu trader à Cologne et est plutôt fier de rouler dans sa nouvelle BMW (lui, c’est la Flandre). La mère (la Wallonie), plus baba-cool, a dilapidé son héritage (Fruit de son économie industrielle) dans le patrimoine familial sans trop y regarder (Solidarité inter-personnelle) et se retrouve sans emploi (Déclin économique). De plus, non-contente de ne plus en toucher une, elle est plutôt portée sur l’Orval et se roule des énormes joints du matin au soir (Transferts financiers, corruption et assistanat), ce qui commence à agacer sérieusement le père, qui est plutôt travailleur et adepte occasionnel de la cocaïne discrète, plus bon chic bon genre.

Ce qui devait arriver arriva. Bardaf: le père menace de demander le divorce si elle ne bouge pas ses grosses fesses (Véléïtés autonomistes flamandes). La mère, un peu bourrée et bien désinhibée, lui explique qu’il peut aller se faire cuire un oeuf (Le très fameux “on est demandeurs de rien”). Et maintenant voilà qu’elle le provoque! Elle se roule patiemment des joints artistiques: des tulipes, des moustaches. Elle s’envoit des gros seaux dans le cigare, la pipe à eau n’a même plus le temps de refroidir et les vidanges de casiers d’Orval s’accumulent dans le garage (Cumul des mandats, conflits d’intérêts, affaire des logements sociaux, crise de Charleroi, routes wallonnes dégradées, etc.).

Et ça dure, et ça dure. Et après d’incessantes scènes de ménages, le père, de plus en plus énervé (800.000 électeurs tout de même) commence à casser les meubles (Tout aussi mémorables négociations de Val Dûchesse) et ça fait jaser les voisins (Panique des marchés boursiers) qui étaient déjà pas mal au taquet avec l’arrivée de la tempête (La crise des sub-primes). La mère, sentant venir la fin des haricots, prend la décision ferme de fréquenter régulièrement les Alcooliques Anonymes (Grandes résolutions sur la bonne gouvernance et Plan “Marshall”), puis entame une cure de désintoxication au canabis (Le plan Marshall 2.vert).

Mais toutes ces belles intentions arrivent malheureusement beaucoup trop tard. Pendant que la mère s’en mettait un max derrière la cravatte, le père, qui n’est pas le dernier des idiots, avait déjà vendu tous les bijoux de famille (à part l’Atomium). Maintenant ça va saigner pour savoir comment partager les sous (La dette fédérale), la maison (Le territoire) et surtout, qui va garder le petit (Bruxelles).

Dans cette affaire, le père voudrait la garde partagée (Cogestion de Bruxelles). la mère argue que les enfants ont besoin de leur mère, et puis elle aime bien agacer son époux: elle veut qu’il n’ait plus RIEN et qu’il CREVE dans sa BM. Et puis d’abord, le petit ressemble plus à sa maman (90% de francophones) – tout le monde le dit. Et il sera malheureux avec le père, qui n’est jamais à la maison (Sous-financement de la Région Bruxelloise). D’ailleurs, on n’a qu’à le lui demander au petit (Référendum de la Région de Bruxelles-Capitale), il voudra aller chez sa mère, c’est sûr (Fédération Wallonie-Bruxelles). … Ou alors il décidera, au grand dam de tous, de se tirer définitivement dans la grande communauté des baba-cools du village (District européen, Bruxelles DC), dans laquelle il a de bonne chances de rester chef (Executif Européen) et où il sera beaucoup plus peinard que chez ces forcenés.

En tout cas, lui (Bruxelles) et les baba-cools du village (l’Europe) n’apprécient pas beaucoup les rumeurs (Rattachement Wallonie-France) qui racontent que sa maman (la Wallonie) fricoterait avec Gérard, le détaillant en vins et fromages (la France), qui énerve presque tout le monde avec son gros klaxon.

Las, la mère, qui n’a tout de même pas envie de se retrouver à la rue, n’a plus qu’à se résigner à trouver un job et à proposer la révision du contrat de mariage tout en essayant de conserver sa dignité (“Une grande réforme équilibrée de l’Etat que l’on appelle de nos voeux”).”

Et bien, voici mon analyse personnelle de ce que Dirk Mignolet, psychanalyste à Hannut, pense prouver au moyen de cette métaphore familiale. Ce qu’il pense en réalité, c’est que la belgique a plus besoin de Mireille Dumas que d’un premier ministre :)

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9 Comments for this entry

  • André

    Dirk Mignolet a besoin de repos et de quelques bonnes leçons d’histoire. Il me semble plus dégoûté de la Wallonie que les Flamands ne le sont eux-mêmes. Moratoire sur l’Orval et le guignolet !

    L’autonomie poursuivie imperturbablement par les Flamands depuis si longtemps — depuis qu’en 1932 les Wallons ont imposé la règle des régions unilingues — est un “pro-jet” (un élan vers l’avant), pas un “re-jet” (des slogans électoralistes anti-wallons sont à peu près du même tonneau que des slogans anti-immigrés : gênants mais ne touchant en rien à l’essentiel).

    Depuis 20 ans et je ne sais plus quelle déclaration du parlement flamand de 1999, les politiciens francophones, libéraux-sociaux en tête, ont délibérément voulu ignorer l’Histoire. Le Premier Ministre Verhofstadt, trop content d’avoir pris son poste aux catholiques, leur a donné raison.

    Conséquences. Aujourd’hui, “faut y aller”, on n’y coupera plus. Or les francophones n’ont toujours aucun projet (ni aucune unité). A part les fantasmes belliqueux de Maingain. (Milquet a évidemment déjà perdu sa bataille pour le retour à la Belgique de 1831.)

  • André

    Oup là ! (pour ne pas dire Joomla !) Je m’abîme dans une méditation sur la persévérance …

  • Red

    Dirk Mignolet a besoin de repos et de quelques bonnes leçons d’histoire.

    Hé hé :) Tout à fait. Dirk a l’air plus au courant de l’actualité que de l’histoire.

    Mais cette entrée de blog n’a aucune prétention en la matière. Elle est délibérément subjective, erronée, satirique (bref, tout ce que tu veux)… et apolitique :)

  • André

    Alors, l’article suivant ? En attendant, voici déjà le commentaire.

    La bonne perspective, selon moi :

    Ce dont les Flamands veulent se débarrasser, ce n’est pas de la “gouvernance wallonne” mais de la GOUVERNANCE COMMUNE (fédérale) qui les empêche de faire ce qui leur plaît en Flandre, par exemple avec les impôts, l’immigration, les tribunaux et le code de la route.

    Cela se situe dans la parfaite continuité de la flamandisation de l’université de Gand (en 1930, après un siècle d’enseignement en français!)…
    autant que de la décolonisation du Brabant flamand (BHV).

  • Red

    André, excuse-moi mais tu n’as pas compris le but poursuivi ici. C’est satirique. C’est un personnage qui parle. Un bête type, affublé d’un prénom flamand et d’un nom wallon, qui n’y connait pas plus à l’histoire qu’à la psychanalyse. Et qui régurgite tous les lieux communs entendus dans la presse au fil des ans.

    Et j’aime la France et les français :) Je trouve le gros klaxon de Gérard plutôt sympathique.

    Si ça t’intéresse, peux-tu essayer de relire ce texte, en t’imaginant que c’est Poelvoorde ou Guillon (ou à la limite, Bellemare), dans le rôle du personnage le plus con qui soit, qui expose sa théorie de comptoir?

    Moi la seule chose qui m’intéressait vraiment quand j’ai pondu ça c’était le parallèle entre le “divorce des belges” et le divorce d’un couple de bidochons.

    Il n’y a qu’une opinion personnelle dans ce post en fait: je pense que Mireille Dumas serait tout à fait à sa place à la table de négociations (voir titre) :)

  • Red

    En tout cas, tu fais grimper mon taux de commentaires sur ce blog!

    As-tu lu la page “About me”, dont le dernier paragraphe?

  • André

    Figure-toi, cher incorrigible, que j’avais compris, et même plus que tu ne peux soupçonner (je suis un peu Mireille, tu le sais). Mais les spécialistes du divan ne dialoguent pas de front.

  • Red

    Ah purée si ce n’était pas de moi j’en rirais en tout cas.

    Surtout de la cure de désintoxication si j’étais Ecolo, du gros klaxon de Gérard si j’étais amateur de foot et de la révision du contrat de mariage si j’étais flamand.

    Mais QUAND y aura-t-il un autre moi pour me faire rire?? ;))

  • Red

    On me demande une épitaphe
    Pour la Belgique morte. En vain
    Je creuse, et je rue, et je piaffe;
    Je ne trouve qu’un mot: “Enfin!”

    Ch. Baudelaire – Épitaphe pour la Belgique

    Pfr :)
    (C’est sûrement très connu, mais je devais dormir au cours de français)

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